L’Université de Lausanne torpille une conférence critique sur les OGM


Les associations UniPoly et StopOGM entendaient convier dans les locaux de l’Université de Lausanne (UNIL) le spécialiste Joël Spiroux de Ventômois, co-auteur de l’étude Séralini qui démontre la toxicité du maïs OGM. Mais ils se sont vus opposer une fin de non recevoir. L’UNIL a refusé que la conférence se tienne sur son sol.

Dans un courriel, le secrétaire général de l’UNIL, Marc de Perrot, soutient que «les événements à buts militant ne peuvent être hébergés par notre institution, qui défend le débat et la démarche scientifique, à plus forte raison dans le cas actuel où la location de locaux universitaires pour une conférence serait de nature à faire croire que l’UNIL donne une caution scientifique à la démarche, ce qui n’est de loin pas le cas.»

La missive a provoqué la réplique immédiate de Luigi d’Andrea, de l’association StopOGM: «Devons-nous en conclure que l’UNIL ne donne pas de caution scientifique à la présentation d’une étude scientifique? à la démarche scientifique qui veut que les résultats scientifiques publiés puissent et doivent être présentés publiquement? au débat contradictoire scientifique? Devons-nous en conclure que pour l’UNIL, la présentation de résultats scientifiques validés par la communauté scientifique relèvent du militantisme lorsqu’ils remettent en cause d’autres études?»

Les coorganisateurs de la manifestation invitent les personnes qui désirent partager leur indignation à le faire savoir à l’UNIL. Quant à la conférence, elle a été déplacée au 29 novembre et se tiendra au Buffet de la gare de Lausanne.

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7 Responses to “L’Université de Lausanne torpille une conférence critique sur les OGM”

  1. Alain de Weck 22 novembre 2012 at 15:31 #

    La publication de Séralini et al (2012) et l’utilisation médiatique qui en est faite pas leurs auteurs et sympathisants viole ouvertement plusieurs éléments de la Directive 4.2 de l’Université de Lausanne sur l’intégrité scientifique dans le domaine de la recherche du 23.4.2007. Ces directives sont conformes à celles de plus de 450 universités-

    La publication et son utilisation par leurs auteurs violent de manière amplement documentée les articles suivants :

    Art.2.1 Non déclaration d’intérêts de tiers
    Art.2.4 Non accès aux données
    Art. 3.1 Manquements graves à l’intégrité scientifique, commis intentionnellement
    Art.3.2.1 Traitement intentionnellement trompeur des données ; exclusion de données de base sans le consigner
    Art. 3.2.3 Omission délibérée de contributions essentielles d’autres auteurs.

    Ces faits justifient l’ouverture d’une procédure prévue par les chartes universitaires . L’exclusion dans ces conditions d’une conférence à l ‘Université de Lausanne est non seulement du droit mais du devoir de celle-ci.

  2. Masse critique 23 novembre 2012 at 05:08 #

    @Alain de Weck : En espérant que ces règles soient appliquées également aux entreprises comme Monsanto, Novartis et consorts (pas vraiment des modèles de transparence et d’impartialité dans le traitement des données).

  3. raloul 25 novembre 2012 at 17:29 #

    Bonjour!

    M. De Weck commet de très graves erreurs d’appréciation. Selon lui, ses assertions sont « amplement documentées », toutefois il ne donne aucune référence concernant sa « documentation ».

    En détail:

    « Art.2.1 Non déclaration d’intérêts de tiers »

    A quoi fait référence M. de Weck? au fait que l’étude à été financée par l’association à but non lucratif Ceres? Le financement de l’étude à pourtant été clairement annoncé par les chercheurs en question. Ceux-ci mentionnent également le CRIGEN et l’université de Caen. De quoi parle M. de Weck, serait-ce possible de préciser?

    « Art.2.4 Non accès aux données »

    C’est tout simplement mensonger. Les auteurs ont donné accès à leur données brutes aux autorités qui en ont fait la demande.
    Leur publication est une version bien entendue résumée de l’intégralité de l’étude. Le CRIGEN s’est engagée à publier l’intégralité des données, à condition d’avoir accès aux données des études qui ont permis l’approbation de l’ogm en question (ces données n’étant pas publiques en raison de clauses de secret industriel), afin de pouvoir comparer les résultats.
    S’il est intéressé, M. de Weck doit demander les données au CRIGEN.

    « Art. 3.1 Manquements graves à l’intégrité scientifique, commis intentionnellement »

    Là encore, aucune précision n’est donnée par M. de Weck. Les auteurs ont précisé avoir travaillé dans un environnement GPL, leurs protocoles ont été jugés conformes aux normes de l’OCDE par l’ANSES, et adaptés aux buts de l’étude.

    « Art.3.2.1 Traitement intentionnellement trompeur des données ; exclusion de données de base sans le consigner »

    Mais encore… La faiblesse statistique de l’étude en question a été soulignée par plusieurs scientifiques. M. Lavielle, statisticien français, a par exemple publié un avis nuancé, dans lequel il déplore la faiblesse statistique de l’étude, tout en expliquant que toutes les études de toxicité comparables souffrent de carences analogues.
    Si M. de Weck se donnait la peine d’expliquer quelles sont les « données de base » qu’il évoque, la transparence en sortirait grandie.

    Art. 3.2.3 Omission délibérée de contributions essentielles d’autres auteurs.

    Là aussi, on ne sait pas très bien à quoi M. de Weck fait référence. S’agit-il de la seule étude comparable – de la toxicité d’un ogm sur le long terme – étude japonaise qui porte sur un soja GM, une autre souche de rats, et que l’Anses a utilisée comme point de comparaison dans son avis critique portant sur l’étude de Séralini et al.?
    Quelles sont ces « contributions essentielles »?

    Faute de réponses argumentées, ceci fait sournoisement penser à des formes de censure, dommage pour l’esprit critique…

  4. raloul 26 novembre 2012 at 15:22 #

    Bonjour!

    Voici l’avis des intéressés eux-mêmes concernant plusieurs critiques qui ont pu émaner de certains milieux académiques, tel que publié dans une revue scientifique:

    http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0278691512008149

    L’UNIL devrait se poser des questions sur sa propre déontologie dans un pareil contexte. Empêcher le débat ne semble en aucun cas une bonne stratégie, et est inacceptable. Si d’éminentes personnalités de l’université ont des critiques ou des avis fondés, qu’ils les expriment et acceptent de débattre avec les auteurs de l’études, sinon les interdire de paroles, c’est de la pure censure. Pitoyable!

  5. Richard Golay 28 novembre 2012 at 07:49 #

    L’attitude de l’UNIL met en évidence son manque d’ouverture à la société civile. Un comble ! A l’Université de Genève, il n’y a aucune difficulté à obtenir l’autorisation pour la location d’une salle. Seule condition : annoncer en début de conférence, sur les affiches et autres flyers « L’université est étrangère à l’organisation de cette conférence. » J’ai vraiment honte pour Lausanne.

  6. Anne Berguerand 30 novembre 2012 at 13:18 #

    « Et comment motiver de jeunes chercheurs à sacrifier trois à quatre ans de leur carrière scientifique pour un projet dont on sait à l’avance que l’issue sera négative ? » Alain de Weck (http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1948)

    Approche scientifique très discutable, comment connaître les résultats d’une longue expérience que l’on n’a jamais pratiquée! Ou alors Ego surdimensionné!

  7. Xavier 30 novembre 2012 at 14:17 #

    J’ai ouï dire que l’UNIL avait des couilles et qu’elle referait l’étude dans les règles de l’art ?

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