Lu ailleurs – Une discussion avec Aude Lancelin sur l’état (désastreux) de la presse hexagonale


La journaliste explique pourquoi il n’y a plus grand chose à attendre de la presse mainstream. Vice

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6 Responses to “Lu ailleurs – Une discussion avec Aude Lancelin sur l’état (désastreux) de la presse hexagonale”

  1. Manuel Ruch 6 avril 2017 at 11:04 #

    Intéressant même si je suis loin de partager toutes ses critiques. Oui, il y a un affaissement de la presse. Oui, les grandes fortunes ont acheté les titres les plus notoires. Oui, il existe des pensées dominantes. Mais, résumer cela à la culpabilité des grands patrons qui auraient sélectionné les « droits à la parole », qui auraient boycotté les plumes de gauche affirmée, qui couperaient la branche sur laquelle ils sont assis, me semble assez primaire voire injuste.

    Non, la vérité n’est pas que de gauche pas plus qu’elle n’est ultra-libérale. Non, la facilité (médiocrité) des investigations n’est pas due à de quelconques censurés. Non, ce n’est pas la faute aux lecteurs qui ne consommeraient plus que du « The Voice » et aimeraient cela.
    Il y a toujours eu un droit à l’expression, mais ce droit n’oblige pas quelqu’un à le financer (sauf presse nationalisée, genre Pravda de la belle époque).

    De mémoire quand Lazareff a repris France-Soir, il tirait à 300’000, il l’a porté à plus d’un million. Certes, ce titre ne brillait pas par son intellectualisme mais les français le lisaient. Et à côté de lui sont nés et ont prospéré (plus ou moins) les grands news qui ont survécu: Point, Express, Nouvel obs etc. portés par des créateurs et journalistes de talent de toutes obédiences.

    Certes les (nouveaux) médias ont changé la donne, validant si besoin le Darwinisme. Les considérations philosophiques n’ont jamais eu cours dans l’évolution. Seule la capacité d’adaptation – le talent de certaines espèces – a fait la différence. Médiapart en est un exemple, le Canard un autre ou Ouest-France un troisième.

    « Pour un journaliste, le manque de chance est une faute professionnelle » disait ce même Lazareff. Je ne l’ai jamais oublié. Savoir saisir l’évolution est aussi une chance. La renier est se vouer à une disparation certaine.

  2. Christian Campiche 6 avril 2017 at 11:57 #

    Elle a totalement raison. C’est l’auteur du livre « info popcorn » qui le dit.

  3. Sima Dakkus Rassoul
    Sima Dakkus Rassoul 6 avril 2017 at 12:42 #

    Une excellente émission d’Arrêt sur images lui était consacrée il y a peu. Elle rejoint par ailleurs le site @si avec une prochaine chronique sur la médiatisation des idées.
    À suivre.
    Le sort des médias est profondément lié à la marche de la société. Donc, reste encore à faire.

  4. Doni 6 avril 2017 at 13:09 #

    Le journalisme est un « drôle de métier », « un métier interlope », « un métier aux frontières du pouvoir », comme elle le dit. J’ai l’impression que ce sont ses contours flous qui le rendent trop perméable surtout par temps tempêtueux. Nombreux sont ceux qui s’improvisent journalistes et nombreux sont ceux qui pensent avoir tout compris sans besoin de s’informer. Bref, trop d’amateurisme et pas assez d’exigence dans les deux camps : un mal de société.

  5. Christian Campiche 6 avril 2017 at 17:48 #

    Basta analyse le pouvoir d’influence des dix milliardaires qui contrôlent la presse française: http://www.bastamag.net/Le-pouvoir-d-influence-delirant-des-dix-milliardaires-qui-possedent-la-presse

  6. Bernard Walter 7 avril 2017 at 08:27 #

    Merci Christian de la référence que tu donnes. Sur la question du rapport à la finance de la presse en France, ta collègue Agnès Rousseaux dresse un état des lieux tout à fait impressionnant. On pourra crier à la « théorie du complot » chère à ceux qui veulent mettre fin à toute réflexion critique, les données qu’elle fournit sont à la base irréfutables.

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