Qui suis-je, où vais-je?


Une collision entre la Terre et Mars! Bucolique perspective qu’un astrophysicien américain imagine possible dans environ un milliard d’années.

PAR CHRISTIAN CAMPICHE

Il nous reste donc un nombre presque infini d’improbables cryogénisations pour nous préparer à ce feu d’artifice sidéral. A moins que nous n’anticipions le cataclysme en provoquant d’abord notre propre extinction. D’ici-là, l’espèce humaine aura plus de mille fois l’occasion de brûler la planète, la noyer, l’empoisonner, la faire sauter, tout simplement.

Et le chemin le plus rapide pour y parvenir consiste à persévérer sur la voie du dilettantisme en matière de gouvernance. Rien n’a été retenu de siècles de tragédies et de guerres, le monde continue d’offrir un triste spectacle. Certes la durée moyenne de vie humaine ne cesse d’augmenter et la science accomplit des progrès phénoménaux. Mais globalement, la femme et l’homme ne sont pas plus heureux pour autant. Criantes, les injustices et inégalités alimentent une spirale de violence sans fin. Parce qu’il ne fait pas le poids par rapport aux intérêts économiques qui financent ses campagnes électorales, le pouvoir politique est impuissant. Aux prises avec des enjeux électoraux qui les dépassent manifestement, les grandes démocraties semblent à bout de souffle.

Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j’erre? Rarement ne s’est posée avec autant d’intensité la question de la finalité de nos destins collectifs. Dois-je « bouffer » des médics pour un oui ou pour un non, tolérer un gazoduc autochtonivore en Alaska, bénir les OGM et les centrales nucléaires? M’abstenir de provoquer les pontes du savoir? Chimistes, biologistes, physiciens et autres docteurs de polytechnique, ils ne manquent pas une occasion de ridiculiser l’ignare profane en condescendantes railleries. Consommez, consommez…, bouclez-la!

Un nouveau contrat social, projet de société soucieux de la dignité et du respect de la personne, est hautement souhaitable. Qui l’imaginera? Et surtout, le cas échéant, qui le portera sur les fonts baptismaux? A l’heure où les entités supranationales connaissent une grave crise de crédibilité, le défi est à la hauteur des QI de leurs économistes et financiers.

GHI

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8 Responses to “Qui suis-je, où vais-je?”

  1. Martin de Waziers 8 avril 2017 at 06:17 #

    A 20 ans, j’ai écrit mon épitaphe, un peu tôt, tu me diras, mais très utile depuis, et du haut de mes 60, je peux la répéter, espérant qu’elle peut avoir un certain retentissement car, comme toi, je déplore le manque de projet humaniste global… Toute ma vie, j’ai essayé de changer le monde; n’y arrivant pas, changer mon pays, ma ville puis ma famille, pour m’apercevoir que le seul que je pouvais changer était moi-même, espérant que cela contribue du changement de ma famille, ma ville, mon pays et le monde! A bon entendeur, salut!

  2. Bernard Walter 8 avril 2017 at 09:15 #

    A bon entendeur, salut ?

    Qui doit entendre quoi ?

  3. Martin de Waziers 9 avril 2017 at 05:58 #

    Les entités supranationales sont décrédibilisées, comme le dit Christian; ce n’est pas d’elles qu’il faut attendre la solution mais de chacun de soi, comme le montre très bien Pierre Rabhi et sa sobriété heureuse. Ma suggestion, intuitive à 20 ans, s’est confirmée par l’expérience…

  4. Sima Dakkus Rassoul
    Sima Dakkus Rassoul 9 avril 2017 at 06:29 #

    Questions brûlantes, Christian,
    Je ne vois pas d’autres voies, incertaines, risquées que de prendre acte individuellement, déjà, que notre destin est entre nos mains. Dans nos têtes et nos consciences. Donner sens à son propre passage sur terre.
    Peut-être alors, ces forces pourront s’unir pour songer au destin de tous.
    Pour le moment, notre monde pense encore pouvoir sauver les apparences tout en essayant de changer le fond des choses. Il se trompe sur lui-même. Il nous trompe.
    Notre vision de la consommation est un bon exemple. Impossible de consommer de manière consciente et quantitativement à la fois. C’est en germe, implicitement, dans notre système. D’où la quadrature du cercle…
    Réapprendre à penser aux générations futures dans notre système éducatif. Les attaques contre les sciences humaines ou leur technologisation à outrance n’annoncent rien de bon. Retrouver le sens historique et philosophique.
    D’où je viens, qui suis-je, où vais-je, oui!

  5. Bernard Walter 9 avril 2017 at 12:45 #

    Pour répondre à M. De Waziers et à son recours à Pierre Rabhi.
    Le 4 avril, Pierre Rabhi a exprimé sur France 2 télévision son extrême préoccupation quant à notre avenir. D’ailleurs, dit-il, « ce n’est pas une vision du futur, c’est déjà là. »
    Il parle de notre organisation comme d’un « système inintelligent et lucropathe ». Au nom de cette maladie du lucre, « on liquide les baleines, on liquide les éléphants, les forêts. »
    Il conclut son intervention par ces mots : « On n’a même pas réussi à mettre de la joie dans cette société. Cette société est anxiogène. Cette société n’apporte pas vraiment un bonheur d’exister. Au point que la question va être : Existe-t-il une vie avant la mort ? Ça ne s’appelle pas vivre, ce que nous vivons actuellement. »
    La part du colibri est certainement toujours pertinente. Mais aujourd’hui Rabhi y ajoute la notion urgente de « conscience ». Il a commencé cet entretien par ces mots : « Le comportement de l’humanité aujourd’hui est inconscient ».
    J’en appelle à un colibri résistant et conscient, et s’unissant avec tous les colibris du monde.

  6. Martin de Waziers 10 avril 2017 at 06:34 #

    Je vous rejoins tout à fait, soyons des colibris résistants et conscients; c’est en cela que je recommande de travailler sur soi et de faire sa « petite » part des choses comme le colibri! Alors, les petites gouttes d’eau sauront éteindre l’incendie dévastateur du système.

  7. brigitte 11 avril 2017 at 17:37 #

    Ah ces éternelles remises en question de l’existence sur cette bonne vieille terre ,comme ou va le monde qu’en sera t’il demain ?
    On y passe tous ,nos anciens les ont aussi connues eux qui savaient si bien dire aux jeunes premiers qui se bécotaient dans les coins ,allez y les jeunes l’envie vous passera plus vite qu’elle ne vous a pris et puis comme eux nous avons appris à poser des regards différents sur le monde ,regards qui au fil du temps changent avec l’âge seul cadeau de la vieillesse
    Mais une chose est certaine s’il n’y avait plus un seul conflit vous pouvez compter sur els comportementalistes pour en créer

  8. Bernard Walter 12 avril 2017 at 23:56 #

    « Ah ces éternelles remises en question de l’existence »… sauf que cette fois nous nous trouvons à un tournant majeur tel qu’il n’y en a jamais eu. Quand l’empire romain s’est effondré, on pouvait repartir à zéro (ou presque). Maintenant, c’est différent car: pour la première fois, l’espèce humaine est en mesure de tout détruire. Nous nous trouvons dans une situation d’urgence absolue.

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