Iles flottantes en Polynésie, s’approprier la nature pour gagner encore plus


La colonisation des mers est un sujet en vogue dans la Silicon Valley.

PAR GÉRARD BLANC

Joe Quirk, directeur de l’institut à but non lucratif Seasteading, lance le mot en déclarant: « Vous en avez assez de la politique et des politiciens ? Lancez votre propre pays ! ». Son idée part d’un principe d’appropriation de la surface des océans pour créer des pays sans taxe et sans gouvernement.

Assez utopique tout cela, mais, pourtant, Edouard Fritch, président de la Polynésie française et Marc Collins, ambassadeur du Seasteading Institute en Polynésie, ont signé, le 13 janvier 2017 selon la « Dépêche de Tahiti », un protocole d’accord prévoyant que les signataires mettent en commun leurs efforts en vue de la réalisation d’un projet pilote d’îles flottantes en Polynésie française.

Le coût seul des études à mener dans l’année est de l’ordre d’environ deux millions de dollars et la construction ultérieure d’un prototype flottant de 7500 m2 est estimée par le Seasteading Institute à 50 millions de dollars. Financée notamment par le fondateur de Paypal Peter Thiel, le Seasteading Institute est, en effet, perçu comme un conglomérat de riches libertariens qui souhaitent s’exonérer de la pression fiscale et, parfois, des règles établies par les Etats.

Selon la presse quotidienne française, le projet pilote porte sur trois plates-formes de 2 500 m2, qui hébergeront quelque 200 habitants, des magasins et des bureaux, à l’horizon 2020. Il reste néanmoins plusieurs zones d’ombre. Le gouvernement polynésien s’attendait à des discussions concrètes et un projet architectural défini, mais, pour l’instant, la démarche reste politique et commerciale. Or, le Seasteading Institute n’a produit jusqu’alors qu’une esquisse, et les habitants de la Polynésie françaises ne se montrent pas très enthousiastes, sentiment partagé par l’océanographe Jacques Rougerie qui a l’impression que le projet de Seasteading ne se préoccupe pas du patrimoine architectural de l’archipel et ne s’intègre pas à la culture polynésienne.

L’auteur est l’éditeur et rédacteur en chef du magazine  » Je Pars « 

 

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One Response to “Iles flottantes en Polynésie, s’approprier la nature pour gagner encore plus”

  1. brigitte 18 août 2017 at 05:21 #

    Excellent article fleurant si bon le réalisme En effet depuis 2002 on s’est rendu compte que le slogan ,il faut sauver la nature devait être compris comme: il faut exploiter celle-ci et ses moindres ressources pour pouvoir mieux abuser des droits du citoyen qui voit son patrimoine violé et volé par des étrangers qui peuvent œuvrer en toute facilité grâce à la couverture des chercheurs.

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