Pixels


Nostalgie glânoise. Photo Laurette Heim, 2017

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One Response to “Pixels”

  1. Laurette Heim
    Laurette 20 août 2017 at 10:48 #

    Nostalgie

    Toutes les cloches des églises
    Sonnent le glas de nos campagnes
    Je sais que nos miroirs se brisent
    Au mur du château de Versailles.

    Nostalgie, nostalgie, nostalgie, nostalgie
    Je suis la forêt de Senlis de tous ces chênes qu’on abat
    Je suis le dernier cerf de France qu’on attend au bout d’un fusil
    Tu vois, tu vois je suis le train qui traversait les villages de montagne,
    Ils ont laissé rouiller mes rails et moi je vieillis là tout seul dans un hangar.

    Je veux mourir en pyramide
    Devant l’Egypte et ses trésors
    Plutôt que vivre en Polaroïd
    Sur une photo Technicolor.

    Je pense à toi Monsieur Mermoz
    La baie de Rio a bien changé, tu sais
    L’aventure aujourd’hui, c’est autre chose
    Un petit bonhomme dans une bande dessinée
    Aujourd’hui les cap-horniers sont inutiles
    Et la Terre de Feu est en exil.

    Le temps, le temps, le temps, le temps
    Ca n’arrange rien le temps
    Le temps, le temps, le temps
    Aujourd’hui c’est demain le temps
    Et dans nos villes solitaires
    On est des gens bien ordinaires.

    Eh, je pense à toi Don Quichotte de la Mancha
    Et je cours après tes moulins à vent
    Et qu’est-ce qu’on me dit ? Tu sais ce qu’on me dit ?
    Que je suis fou, eh oui que je suis fou,
    Comme ces hommes qui font la guerre et qui n’osent plus se battre en duel
    Regarde, on n’est même plus des animaux, on est déjà des robots.

    L’amour n’existe que dans les livres
    Déshabillé, tout en couleurs
    Les jeunes filles en crinoline
    Aimer les oiseaux et les fleurs.

    Moi, et moi je n’ai plus que la musique et des chansons pour leur parler,
    Je serai le dernier romantique,
    Avant que l’ordinateur X m’ait définitivement déprogrammé
    Moi, moi si tu me donnes un arc-en-ciel,
    Je bâtirai des châteaux forts dans les brumes
    Et dans les aurores loin du ciel bleu de l’Atlantique et loin,

    Loin du gris des villes du nord.

    Ma nostalgie est différente
    On m’a pas fait de souvenirs
    Et je suis un enfant qui invente
    Je n’ai vécu qu’en avenir.

    Oh, on nous a trop souvent menti avec des chiffres,
    Avec des dates qui ne voulaient rien dire,
    Avec des rois des empereurs des présidents,
    Des murs de Berlin et des murailles de Chine
    Les murs, les murs ne servent plus à rien, les murs
    Et il serait temps qu’on vous le dise,
    Vous parlez trop, nous avons besoin de silence
    Tout est chronométré la vie, l’amour, la mort
    On ne pourra même plus battre nos propres records
    Il faudra bien les casser, les chronomètres,
    Et vivre, vivre au rythme des saisons s’il nous en reste
    Quand je pense qu’on nous amuse avec des satellites,
    Quand je pense qu’on nous amuse avec des nouvelles planètes,
    Alors qu’ici on bousille tout, les forêts, les océans, les rivières
    On bousille tout, le coeur des hommes
    Si nos consciences pouvaient se déranger,
    Se déranger aussi souvent que nos téléphones.

    Je ne veux plus croire en nos croyances
    D’un Dieu pour chaque religion
    S’il y en a un qui nous entend
    Qu’il chante avec moi ma chanson.

    Je te parle à toi qui es dans ton bureau,
    Dans ton usine ou sur un tracteur
    Je chante pour les hommes du nouveau monde,
    Pour toi, Pedro de Madrid, Gianni de Milan, Jeremy de San Francisco
    Pour vous dire quoi ? Eh bien, pour vous dire que j’ai peur,
    Peur de nos avions qui vont trop vite,
    De ces pays que je ne rencontrerai jamais,
    Quand je ne veux plus que nos paroles soient entendues comme une langue étrangère,
    Non je ne veux plus, je veux que nous ayons le temps de vivre tous,
    Le temps de sentir le soleil qui nous brûle, et le vent qui nous décoiffe,
    Le temps de regarder les abeilles, les écureuils,
    Le temps de parler à nos enfants, le temps d’oublier la terreur,
    La violence, la bêtise, que les hommes redeviennent des hommes,
    Et la terre un jardin, que la paix soit dans nos coeurs,
    Et que notre volonté soit faite, nostalgie.

    Nostalgie, planète Dieu
    J’irai vers toi prendre ma place, j’irai vers toi,
    Nostalgie, nostalgie, nostalgie je t’aime.

    Une chanson peu connue de Gérard Lenorman qui date de 1978 et est d’une actualité féroce…

    A écouter ici en version disque :

    https://www.youtube.com/watch?v=if01DtpliRQ

    Ou en version publique TV, avec quelques phrases en plus, encore plus pertinentes… ici :

    https://www.youtube.com/watch?v=WQAbzbMzleY

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