Morges, la belle aux rues dormantes


La Coquette traîne une réputation de ville morte.

PAR SAMUEL WAELTI

Le soir venu, pas une âme qui vive pour hanter les rues. Malgré des efforts et de nombreuses initiatives, la vie nocturne reste en berne.

«Morges organise quelques fois des événements, mais le soir il n’y a rien à faire, c’est mort. Pour faire la fête, on bouge sur Lausanne.», témoigne Abdallah Messibah, Morgien depuis l’enfance. Une opinion qui reflète l’avis de beaucoup de jeunes habitants de la ville. Bien qu’active le jour, ses rues se vident après 22 heures. Tiffany Steiner, responsable marketing de l’office de tourisme Morges, ne souligne pas pour rien que les options de la cité portent sur des distractions familiales.

En guise de remède, l’été s’anima de nombreuses manifestations dont l’expo Audrey Hepburn et l’Open Air cinéma, près de 2400 visiteurs, une réussite, dit en passant, qui incite à une recherche de fonds pour répéter la manifestation. Un centre aquatique est aussi en cours de gestation au parc des sports, un projet qui prendra forme d’ici 2018, ainsi que «La lanterne magique» de Marcia et Mirko Akermann, du bureau MAK architecture. Plébiscité, le projet est la première étape de la vaste rénovation de tout le site de Beausobre.

Une ville gourmande en démographie qui, d’ici 2021, entre les constructions situées à l’ancienne Fonderie Neeser, la Gare-sud et à Prairie-nord/Eglantine, s’apprête à accueillir plus de 2200 habitants. Pour Giancarlo Stella, secrétaire municipal chargé de communication, la ville prend effectivement de l’ampleur. Il souligne que Morges ne compte pas conserver sa réputation de cité-dortoir.

Pour autant, le tableau de la vie nocturne n’en reste pas moins figé. La tube, unique boîte de nuit de la ville, a fermé ses portes et le Z-City bar, installé à la Grand Rue depuis l’été 2015, a déplacé ses locaux à Lausanne en 2016. Ses tenanciers Alain et Steeve Zimmermann sont sans amertume mais n’en estiment pas moins que Morges n’est simplement pas prête pour de réels changements: «Entre les plaintes à répétition, les descentes régulières de police et les restrictions d’horaires dues au bruit, on n’assurait  plus la cadence.»

Malgré de nombreuses initiatives,  la nuit reste noire.

Photo Waelti


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2 Responses to “Morges, la belle aux rues dormantes”

  1. Pierre Adler 29 septembre 2017 at 15:43 #

    Rien qui ne déplaise plus aux fanatiques du modernisme et, plus encore, aux mondialistes que le manque d’agitation. Une ville qui ne s’agite pas est tout bonnement déclarée morte.

    Agitation que trop souvent de nos jours on nous fait passer pour de la culture. Ou, mieux encore, qu’on nous vend comme de la culture. Puisqu’il faut bien vendre et consommer pour les joies de cette croissance q’on aimerait tant nous infliger, à nous et à notre environnement.

    Comme ces gens qui sont devenus constitutionnellement incapables de faire une randonnée dans la campagne ou les montagnes, ou ne peuvent prendre plaisir au bord de mer, sans le bruit d’une radio ou le son de la musique.

    Pour ne rien dire de la majorité des citadins pour qui la vie et le monde sont devenus insupportables sans avoir les yeux rivés sur leur téléphone portable et les oreilles bouchées par des casques ou des écouteurs.

    Après, bien sûr, on décriera les méfaits du dérèglement climatique, de la pollution et de leurs effets.

    Tenez-le vous pour dit, cependant: l’agitation non seulement pollue par tous les gadgets et les moyens techniques qu’elle met en oeuvre et dont elle dépend, mais elle est essentiellement pollution.

  2. Samuel Waelti
    Samuel Waelti 30 septembre 2017 at 16:26 #

    Ravi de me découvrir un lecteur aussi fidèle mon Cher Monsieur Adler.

    Je ne peux m’empêcher de constater que nous imageons à merveille le désaccord intemporel du “jeune blanc bec” et “du vieux fourneau”. Brassens n’aurait pu s’empêcher d’esquisser un sourire, n’est ce pas ?

    Comprenez donc ma réjouissance de voir afficher votre nom sur un commentaire…

    Pour le reste. Si vous ne supportez pas “l’agitement” et les “chahuts incessants” des villes. La campagne vous siéra parfaitement. Mon article était simplement un appel d’une majorité de morgiens qui aimeraient voir leur ville, non s’étendre mais simplement évoluer.

    Ceci dit, si un jour on décide de raser une foret pour y construire un stade ou des batiments, je serai le premier à m’y opposer.

    Au plaisir de vous lire

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