La direction de la SSR aurait-elle avalisé sans état d’âme la restructuration de l’ATS?


Des dirigeants de la SSR jouent-ils un double jeu?

PAR CHRISTIAN CAMPICHE

Ce serait regrettable à l’heure où les employés du service public se mobilisent légitimement contre l’initiative No Billag.

La SSR ne cesse d’avancer que sa mission d’intérêt public exige une information indépendante et de qualité favorisant la cohésion nationale et le respect des minorités. Une vocation très semblable à celle de l’Agence télégraphique suisse dont 20% des effectifs sont menacés. La logique voudrait donc que la SSR manifeste une solidarité sans faille envers les journalistes de l’ATS qui ont suspendu hier une grève historique de quatre jours. Et ce fut bien le cas sur la place fédérale mardi 30 janvier. Lors du rassemblement organisé par les adversaires de l’inititiave No Billag, le soutien aux grévistes s’est traduit en décibels percutants. Ce fut le cas aussi jeudi 1er février, devant les locaux de la RTS à Lausanne, cette fois, où un potage bien chaud attendait les manifestants à l’issue de la partie officielle.

En revanche du côté des hautes instances de la SSR, l’ambiguïté est de mise. En la personne de Walter Bachmann, son secrétaire général, par ailleurs bras droit du directeur général Gilles Marchand, le groupe audiovisuel public siège au conseil d’administration de l’ATS, dont il est le troisième actionnaire derrière Tamedia et la NZZ. La SSR aurait-elle avalisé sans état d’âme la nouvelle stratégie de l’agence nationale et sa douloureuse restructuration sur l’autel de la rentabilité?

«Cela me paraît problématique», commente le conseiller national PLR vaudois Olivier Feller. «Il me semble que l’ATS comme la SSR sont des entreprises d’importance systémique dans le domaine des médias. Elles ont toutes les deux des missions de service public. N’est-il pas étonnant que les dirigeants de la SSR, qui se battent en ce moment, à juste titre, contre l’initiative No Billag afin de maintenir des prestations de qualité dans toutes les régions du pays, ne s’opposent pas à la nouvelle stratégie de l’ATS qui aura pour conséquence de réduire l’ampleur et la qualité des prestations fournies dans les différentes régions linguistiques?», s’étonne Olivier Feller.

Et le parlementaire de réclamer: «J’espère que lors des négociations à venir avec la société des rédacteurs de l’ATS, le représentant de la SSR au sein du Conseil d’administration de l’ATS fera preuve d’un peu plus de cohérence».

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2 Responses to “La direction de la SSR aurait-elle avalisé sans état d’âme la restructuration de l’ATS?”

  1. Michèle Herzog 7 février 2018 at 10:16 #

    La majorité des personnes qui sont au pouvoir ou au Conseil d’administration des entreprises publiques ne se sentent pas concernées par les restructurations du personnel. D’autant plus que ces restructurations montreront ensuite que les résultats obtenus par ces dirigeants sont meilleurs qu’avant.
    Les dirigeants de la SSR nous disent de refuser l’initiative No Billag surtout pour qu’ils puissent conserver leur salaire (et leur pouvoir).
    Avec ou sans Billag il y aura de toute manière des changements. Une meilleure répartition de la redevance serait déjà une bonne chose.

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  1. La direction de la SSR aurait-elle avalisé sans état d’âme la restructuration de l’ATS? – Inside sda/ats - 5 février 2018

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