Lettre de Lima – Les problèmes du pays? Ils peuvent bien attendre. Et aussi les écoles.


Un signe qui ne trompe pas! Avec la fin de l’été qui pointe son nez sonne la rentrée scolaire.

PAR PIERRE ROTTET

La fin de l’été…? Sans doute si l’on se réfère au calendrier auquel plus personne ne croit. Troublante analogie avec les politiciens. Un été pourtant, crois-moi, qui prendra longtemps encore son temps avant de laisser sa place à l’automne.

Je souffre pour ces gosses. Enfin, pour ceux qui, comme moi, à l’époque, il y a bien longtemps, mettent une savante imagination à vivre bien leurs vacances. Histoire de contrebalancer ce qu’ils vivent parfois mal à l’école. Dans cet espace où ils se sentent à l’étroit.

Pour un peu plus de 6,7 millions d’élèves des écoles publiques, ceux des établissements privés ayant recommencé il y a une dizaine de jours déjà, c’est donc la fin de la quille. L’époque revenue des cahiers et des livres. Des évaluations. Des devoirs… Des charges pour les dos de nos futurs savants péruviens.

Sauf que… Là, hier ou avant-hier, je lisais une info qui émanait des milieux de l’éducation au niveau national, relayée par un quotidien de la capitale. Ce dernier tirait la sonnette d’alarme. Mettant en évidence une navrante actualité, j’ai pris quelques notes, ma main tremblait d’indignation, et pas que ma main: seuls 24% des collèges publics sont conformes. Conformes… pour accueillir les élèves dans de bonnes conditions.

Les autres? Selon ces mêmes milieux de l’éducation, 46% des bâtiments scolaires devraient être complètement remplacés. Triste réalité. Si tu ajoutes, aux dires de mes infos, que plus de 1’500 emplacements d’Etat destinés à l’enseignement n’ont pas été réhabilités ou reconstruits… Cela dans les régions affectées par le terrible phénomène «El Nino», particulièrement destructeur l’an dernier, mais également bien présent depuis le début 2018.

Et pendant ce temps là, crois-moi je n’en rajoute pas un iota, ni me permettrais une exagération mal venue, le congrès, le gouvernement, les représentants du peuple, enfin, je mettrais le mot représentants entre guillemets, et même entre une vallée de guillemets, un Himalaya de guillemets, ces supposés représentants, donc, s’écharpent. S’invectivent sur le thème de la corruption. Pour savoir qui d’entre eux lave plus blanc, lave plus noir. On nomme des commissions qui nomment d’autres commissions qui à leur tour désignent encore des commissions. On se méfie des méfiants. Les problèmes du pays? Ils peuvent bien attendre. Et aussi les écoles.

Tu l’as compris, en cette reprise des écoles, ce lundi 12 mars, c’est à une foire d’empoigne de cour d’école à laquelle on assiste. Depuis des mois. Des ans! Sauf qu’elle est salie, cette cour, en lui enlevant ce qu’elle a de poésie lorsque des gosses s’y croisent, y jouent innocemment. Ce que je les aimais, entre de vrais guillemets, ces moments qui fuyaient les calculs. Sauf qu’ici, dans le cas présent, ils sont bien présents, les calculs. Sur ce que l’homme politique a à gagner. Sur le dos des citoyens. Bien entendu.

Sur la devanture d’une vitrine qui vend l’image d’un Dieu qu’elle façonne à sa façon, à sa convenance, une des nombreuses sectes qui fleurissent au Pérou comme en Amérique latine invite ses « fidèles » à se rassembler les vendredis pour, puis-je lire, se réunir autour « des cas impossibles ».

Ouais, des cas impossibles. Qu’aucune prière, m’est avis, fut-elle du plus fervent des fervents, ne parviendra à changer. Alors qu’il suffirait d’un bon coup de balai. Pour commencer. Ce bon, ce vieil instrument que les électeurs devraient utiliser bien plus souvent.

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